Quelle activité physique pour un chiot ? Promenades, jeux et sport pendant la croissance

Un chiot court, saute, joue, explore et semble parfois infatigable. Pourtant, son enthousiasme n’est pas un bon indicateur de ce que son corps est capable de supporter.
Au cours de mes années d’élevage, j’ai souvent répété la même chose aux familles qui accueillent l’un de mes chiots : un chiot, c’est un peu comme un enfant. Il ne sait pas forcément ce qui risque de lui faire mal. C’est à nous de poser les limites.
Il ne s’agit surtout pas de l’empêcher de bouger. Le jeu, les promenades et l’exploration sont indispensables à son développement physique et comportemental. Mais avec un jeune animal, je garde un principe simple : on ne force pas et tout doit rester dans la mesure.
Pourquoi faut-il limiter certains efforts pendant la croissance ?
Pendant la croissance, les os du chiot continuent à se développer. À leurs extrémités se trouvent notamment les cartilages de croissance, qui permettent aux os de s’allonger avant de se fermer progressivement à la maturité.
Ces zones sont plus vulnérables aux traumatismes que l’os mature. Une atteinte importante d’un cartilage de croissance peut perturber le développement normal de l’os.
C’est l’une des raisons pour lesquelles on évite chez le jeune chien les contraintes physiques importantes et répétées : longues courses imposées, sauts de hauteur ou entraînements sportifs intensifs.
L’âge auquel la croissance s’achève varie selon la race, le gabarit et l’individu.
Combien de temps peut-on promener un chiot ?
On trouve encore fréquemment des tableaux indiquant un nombre précis de minutes de promenade selon l’âge du chiot.
Je préfère ne pas appliquer une règle aussi rigide.
Vingt minutes passées à renifler, observer et avancer tranquillement ne représentent pas le même effort que vingt minutes de marche rapide et continue sur un sol dur.
Les promenades sont essentielles : elles permettent au chiot de découvrir son environnement, de rencontrer différentes situations, de travailler sa socialisation et d’utiliser son odorat. Leur durée et leur intensité peuvent augmenter au fur et à mesure qu’il grandit.
Il faut surtout distinguer l’activité spontanée de l’exercice imposé. Un chiot qui joue librement alterne naturellement courses, arrêts, exploration et repos. Suivre son propriétaire pendant plusieurs kilomètres lui laisse beaucoup moins cette possibilité.

Un chiot peut-il monter et descendre les escaliers ?
Sur ce point, je préfère être particulièrement prudente : je demande aux familles d’éviter autant que possible les escaliers pendant la croissance.
Mon objectif est surtout d’éviter les montées et descentes répétées alors que les articulations et le squelette sont encore en développement.
Bien sûr, un chiot ne va pas se retrouver avec des articulations abîmées parce qu’il a franchi quelques marches. Mais lorsqu’on peut le porter ou limiter l’accès à un escalier, particulièrement lorsqu’il est très jeune, je préfère le faire.
C’est une précaution que j’applique également dans mon élevage.
Les sauts sont-ils dangereux pour un chiot ?
J’ai eu une Shiba particulièrement inventive qui avait découvert qu’elle pouvait grimper le long des grillages.
Arrivée en haut, elle sautait.
Et il ne s’agissait pas d’un petit saut : elle pouvait se laisser tomber d’environ 1,80 mètre. Comme elle trouvait manifestement l’activité passionnante, elle recommençait.
Elle a par la suite présenté un problème important au niveau des épaules, qui apparaissaient très ouvertes.
Je ne peux évidemment pas établir rétrospectivement que ses sauts étaient à eux seuls responsables du problème. Mais cette expérience m’a rendue extrêmement prudente face aux impacts importants et répétés chez un jeune chien.
Le fait qu’un chiot recommence volontiers une activité ne signifie pas que cette activité est sans conséquence pour lui.

Peut-on jouer à la balle ou au frisbee avec un chiot ?
Quelques lancers de balle font parfaitement partie d’une séance de jeu.
Ce que j’éviterais, ce sont les séances interminables. À chaque lancer, le chien accélère, poursuit la balle, freine brutalement, tourne et repart. Répété des dizaines de fois, ce jeu devient un véritable exercice physique.
Même prudence avec le frisbee, auquel s’ajoutent les sauts et les réceptions.
Mieux vaut varier : quelques lancers, un peu de recherche, de l’exploration, des exercices simples… puis passer à autre chose.
Peut-on jouer à tirer avec un chiot ?
Une autre expérience m’a marquée.
L’un de mes clients jouait très souvent avec son chiot à l’aide d’un nœud tressé. Le jeune chien tenait le jouet dans sa gueule tandis que son propriétaire tirait dessus.
La dentition du chien s’est par la suite déformée de manière très visible, particulièrement les incisives, qui étaient orientées vers l’avant.
Cette observation ne permet pas d’affirmer que le jeu de traction était à lui seul responsable de cette déformation. Un jeu de traction correctement pratiqué peut d’ailleurs tout à fait être proposé à un chiot.
En revanche, je déconseille de tirer fortement sur la gueule d’un jeune chien ou de transformer le jeu en épreuve de force. Sa bouche et sa dentition sont elles aussi en développement.
On joue avec le chiot ; on ne teste pas sa résistance.
À quel âge un chiot peut-il commencer le sport ?
Pour mes Shiba Inu et mes Mini Bergers Américains, je conseille généralement d’attendre environ un an avant de commencer une véritable activité sportive, afin que l’essentiel de leur croissance soit terminé.
Cela concerne notamment la course soutenue, le canicross, le cani-VTT ou les exercices d’agility comportant des sauts et des enchaînements physiques importants.
Cela n’empêche absolument pas de préparer le futur chien de sport avant cet âge.
Un jeune chien peut apprendre les directions et les ordres du canicross, découvrir un harnais, traverser un tunnel d’agility, contourner un obstacle, travailler son équilibre ou apprendre à suivre son humain. On développe ainsi ses compétences sans lui demander prématurément l’effort physique du chien adulte.
Pour la randonnée, le raisonnement est similaire. Une balade en forêt durant laquelle le chiot explore à son rythme est très différente d’une randonnée de plusieurs heures avec du dénivelé.
Lorsque vient le moment de commencer véritablement un sport, l’entraînement doit ensuite être progressif. Et pour une activité particulièrement exigeante ou un chien présentant une fragilité particulière, l’avis du vétérinaire reste préférable.
Comment dépenser un chiot très actif sans le surmener ?
Avec un chiot très dynamique, et particulièrement avec un Mini Berger Américain, on peut facilement tomber dans un piège : plus il semble avoir d’énergie, plus on essaie de le fatiguer physiquement.
Or on peut aussi lui apprendre à utiliser sa tête.
Chercher quelques friandises dans l’herbe, suivre une piste olfactive, découvrir un nouvel environnement, apprendre un exercice, résoudre un petit jeu ou simplement prendre le temps de renifler pendant une promenade sont de véritables activités.
Un jeune chien doit aussi apprendre le calme et le repos. Chercher systématiquement à l’épuiser physiquement risque surtout de fabriquer un chien qui réclamera toujours davantage d’activité.
Quelle activité physique proposer à son chiot ?
Je ne chronomètre pas la vie d’un chiot et je ne cherche pas à empêcher un jeune chien de courir ou de jouer.
Je préfère observer ce qu’on lui demande de faire.
Explorer, renifler, jouer librement, découvrir de nouveaux environnements et se promener à un rythme adapté font partie de sa vie de chiot. Les efforts soutenus, les impacts importants et les mouvements répétés méritent davantage de prudence.
Il aura ensuite des années pour courir, randonner et pratiquer des activités sportives avec sa famille.
Mais il n’aura qu’une seule croissance.


